vendredi 28 juillet 2017

L’œil du fayard est une icône


C’est au regard d’un homme que l’on connait son âme,

Il en est de même du chêne ou du fayard :






Si les arbres ont des âmes de bois,

Ils gardent des cœurs tendres de très vieux crocodiles
Et tatouent leur histoire en symboles et graphismes étranges

A même leur vieille peau d’écorce sèche et de sèves collantes.

Une existence entière se lit dans une simple souche






Chaque hiver, chaque été,
Rigueurs et sécheresses y laissent des traces qui grandissent,
Et lentement se déforment.

Un coup de hache,
Une branche brisée,
Tout y laisse son empreinte.
La moindre blessure s’écrit comme un possible arraché.


Les nœuds des arbres leur deviennent des yeux de malices,
Des bouches bavardes, ou encore d’expressifs moignons…
Ils parlent à nos rêves d’ailleurs lointains,
D’autrefois impossibles, d’improbables histoires….





Image proposée dans les pages de l'Herbier de Poésie par Susy S.

Ainsi, ce nœud d’arbre devient-il ici une icône.
Il nous parle de quelque roi noir antique,
Écrasé par son âge,
Déformé par sa charge.
Noble fortuné, il rayonne encore.

Mais que lui sert sa tiare ou sa toge cousue d’or,
Il est comme chacun :
Candidat à l’oubli ultime, déjà promis à la mort.
Son règne n’aura été qu’un rêve, tout juste une virgule :
Parenthèse ! Pauvre éclaircie dans la perpétuelle poussée des Vies.

le 28/07/2017
Serge De La Torre




vendredi 30 juin 2017

Les arbres ont des histoires, leurs formes aussi.


Photo de Françoise Isabel (La vieille Marmotte) proposée à l'inspiration commune sut
L'Herbier de Poésies (Blog communautaire animé par Adamante Donsimoni)

Comme nous, les arbres ont des histoires, leurs formes aussi.

J’ai longtemps ri des soins à porter aux pieds, je ris moins aujourd’hui.
L’expérience  invite au souci de ses fondements, à l’attention à ses racines ; au sens, au poids, même, de ses origines. A la nature de ces-énergies-qui-nous-motivent, ainsi qu’à celles-qui-nous-font- croître.  Elles montent en soi comme des bouffées de sève trop vite et souvent empêchées.

« Être ? dit le hêtre
Comment pourrais-je …
Ne pas être ? »

Les grands arbres ont le poids des pierres, ils en prennent parfois jusqu’à la couleur, et la forme.
Ils en ont, finalement, déjà la lenteur. Elle coule en eux, la vie : pourtant. Comme un infini et languissant murmure !

Leur récit se fait lent,
Leur récit se fait lourd.
Leur rêve se fait chant
Et puis, il se fait Amour !

Et par leurs racines mêlées, ils protègent, se soutiennent et s’entraident, les ombrageux compères. Les arbres ont des tendresses patientes, d’émouvantes parades de silences dépassés.
Par leur mâle vigueur, par leur féminine persévérance, ils confinent au ciel et même l’imitent.
Parmi eux, tant d’individus uniques. Ils sont, pourtant, un seul peuple sylvestre, se prêtent force, s’alertent, se défendent, se battent pour se forger caractère, s’exercer à mieux vivre et puis s’offrent ombrage.
Ainsi, que des maîtres à vivre, ils nous soutiennent, nous enseignent et encouragent.

Arbre mon ami,
Oh ! Savant messager,
Dis-moi ton cri,
Cris-moi ta vie !

Sous le hêtre, un long temps arrêté, je l’ai entendu bruire de sa chanson de vent, de sa passive confiance, immobile apnée ! :
« Je connais le ciel, et je connais la Terre !
Tous deux, autrement, mais d’égale manière me nourrissent : entre eux, finalement je fais lien, suis passage et deviens média.

Oh ! Homme, petit homme, enfant sans cesse agité !
Un rien te trouble, si peu t’aigrit !
Et tu cours et tu pleures, plein de peurs et de cris,
Quand va le jour et quand viens la nuit!

Tu regrettes l’alliance oubliée, blessé simplement d’ignorer que tu n’es pas seul et qu’avec tout - la pierre, le végétal : la Vie dans ses formes multiples …- , tu nous es, étroitement semblable, et surtout lié.»

Il chante la vie, le hêtre
Au pied-racines de pierre,
De toute sa nature.

Certes, de toutes ses forces, mais aussi de ses blessures … !


dimanche 25 juin 2017

Le saule pleureur ou saule blanc: un sacré philanthrope

Saviez-vous que le saule n’est pas qu’un pleureur, pas qu’un pilier de cimetière, un « ombrageur » d’amours champêtres, de cours ou de plan d’eau.

Il pousse la compassion à l’égard des hommes, jusqu’à donner de lui-même pour que nous allions mieux.
L'écorce de saule est connue au moins depuis l'Antiquité pour ses vertus curatives : lisez Séléné de Barbara Wood !
On a retrouvé la mention de décoctions de feuilles de saule dans un papyrus égyptien dès1550 av. J.-C. (papyrus Ebers).

 Le médecin grec Hippocrate (460 – 377 av. J.-C.) conseillait déjà une préparation à partir de l'écorce du saule blanc pour soulager les douleurs et les fièvres.
L’acide acétylsalicylique est la substance active de nombreux médicaments aux propriétés antalgiques, antipyrétiques et anti-inflammatoires. Il est aussi utilisé comme antiagrégant plaquettaire. Il s'agit d'un anti-inflammatoire non stéroïdien.
C'est un acide faible, dont la base conjuguée est l'anion acétylsalicylate. : un des médicaments les plus consommés au monde, plus connu sous le nom commercial d'aspirine.

vendredi 23 juin 2017

Rois, hommes en peine.



Le vieux saule - photo SusiS   (Texte et photo publiés sur le blog communautaire de l'Herbier de Poésies:
https://imagesreves.blogspot.fr/2017/06/pour-la-page-80-un-grand-sage.html
                              




Les grands rois servent leurs peuples, les grands saules les pleurent.
Non pas les rois - la plupart manquent d’ailleurs de grandeur  
Et quand bien même, certains, d’un saule, ont fait leur dernier refuge - .
Ils aiment tout autant les anonymes sujets : ceux-là qui les subissent !
Ceux-là qui s’égarent, seuls ou par deux amarrés, le long des étangs,
Le long des cours d’eau. Finalement non ! Balivernes et foutaises!
Ils me l'ont dit les géants des rivières .Qui est aimé, du grand ou du simple ? 
Qui se peut dire roi, ou gueux sous le saule ?
Son ombre, il la donne à chacun. Pour son ombre, il ne veut rien, ne demande rien.
Il puise aux sources de la terre, et sans orgueil, caresse de sa tête inclinée le ciel,
Lèche le vent, puis tombe, épuisé, en pleurs : il est Nous. Immense arbre  de peine.
A tous, qu’ils soient tristes, ou ne sachent l’être, il dit son infinie tristesse
A tous, qu’ils sanglotent bas, crie fort ou ne sachent d’ailleurs le faire,
Il goutte de branches souples en feuilles fuselées, son humide compassion.
A tous les hommes, il rappelle, que les rois ne sont jamais qu' humains ;
Que l’on rêve, seulement, sans peine, qu'illusoirement l’on croit sans chaîne.

                                                              Serge De La Torre


dimanche 18 juin 2017

Oh ! Printemps, vil marchand de promesses et fadaises.



Au dehors, l’aube de l’an neuf pleure une étrange  lumière,
Promesses multicolores, gouttes  d’un sang  de saison qui l’altèrent.
Sur ces  murailles d’enceinte que font, à ma clairière, 
Les branches d’arbres encore teintées du gris de l’hiver,
Elles volent en rang, ordonnés parachutes, les aigrettes d’une dent-de lion.
A l’œil, le mien, qui regarde, tu arraches un étonnant frisson :
L'éllébore noir, ou l’aigremoine, branches autonomes et filaires,
Font un bouquet de langues vertes, de lierres, qui glissent entre deux matières .
Les fleurs d’aubépine, de cerisiers sauvages, voguent dans un ciel de lait
Comme une couvée un peu perdue sur l’infini marais :
Des pétales s’en détachent, ils se cherchent un destin de confettis.
Pauvres canetons  égarés, perdus : le vent le leur avait pourtant  promis.
Mais aux marchands de fadaises, c’est connu, les mensonges ne coûtent guère.
Oh ! Printemps, vil marchand de fausses promesses et de troubles mystères.

Un zeste de printemps. Oeuvre de Jamadrou, proposée sur le blog communautaire : https://imagesreves.blogspot.fr/2017/06/page-78-un-zeste-de-printemps.html . 

Serge De La Torre 05/06/2017

http://decoeuretdencre.blogspot.fr/





Bad Trip !

Une goutte- Image d'Adamante Donsimoni - Texte initialement publié sur le blog communautaire L'Herbier de poésies

                                            Détestables fumées

Sur la vitre éclaboussée de pluie,
Des gouttes faisaient d’étranges bavures.
Dans l’air vicié de nos hallucinatoires effluves,
Sous un ciel noir, encore, de l’orage enfin  passé
Un dernier grêlon à demi fondu,
Libérait son jus sale et morveux.
Dans une soudaine éblouissante lumière,
Sur fond d’une prairie de hautes herbes,
Deux bêtes diaboliques prenaient chair,
Elles étaient  jetées sur un corps de femme,
L’embrassaient de leurs gueules affalées et voraces.
La pauvresse nue, déjà trépassée,
Levait au ciel un regard sans vouloir.
Alors que ses cheveux ondulés
Se mêlaient à la lande inondée.
Maudit déluge, maudite fumée !
Bad trip !
Pour nous, le cauchemar ne faisait que commencer.

samedi 17 juin 2017

Épiphanie de boulangerie



Oeuvre d'Alvaro De Taddéo:  Vor  der Bäckerei
http://www.ateliermagique.com/fr/galerieadt/galerie/vor-der-baeckerei.html

Dans la chaleur de nos bonnets,
Par les ruelles, en robes enneigées,
Nous allions : au chaud, emmitouflés.

Et l’école nous lassait de sa cloche trop molle :
Par pitié, quelques minutes de joies folles.

Au dos, ballottaient nos cartables de cuir,
Certes, bien usés, mais si fraîchement cirés.
A nos mains, des moufles par nos mères tricotées.
Nos bottes trop serrées,  étaient encore de l’an passé,
Mais elles glissaient à merveille sur les flaques gelées….

L’école nous appelait d’une cloche trop molle :
Du rêve, quelques instants encore, par pitié!

La chaleur d’un four et puis l’odeur des farines,
Douceur du sucre Candy, mie tiède de la fraiche boulange :
La vendeuse, pâlie de pains blancs nous semblait un ange.
Les vitrines, de Saint Nicolas aux veilles de Noël,
Éveillaient des rêveries de sel, des tourments irréels.
Devançaient de rêves de fêtes, d’illusions de goûter.
Délices, oh oui, délices lointains, tant convoités !

L’école nous appelait d’une cloche trop molle :
Par pitié, quelques secondes encore d’éternité.

Que de fous rires sur nos chemins frivoles d’écoliers
Qui gonflent, encore, comme des pâtes à double levée,
Yeux ébahis, doigt fixé, je me souviens d’extases
Nous salivions à une crèche, à une chaumière au toit de gaze,
Savourions sans morsures, derrière leurs papiers des figures
D’évêques  en pain d’épices, lissés de blanches glaçures.
Des peuples de « Mannela »* aux boutons de Corinthe.
Qui arrachaient à nos cœurs de si joyeuses  plaintes.

L’école nous appelait d’une cloche, soudain, folle :
Arrêtez l’heure, par pitié, tuez le temps!

Frère et sœur, dans une semblable gourmandise :
Nos désirs et nos rêves, se suffisaient à de simples odeurs
Nous savions vivre en ces temps de délices non consommés.

L’école  a fini de nous héler de sa cloche trop molle :
Courrons, courrons, le maître va, encore, nous gronder !


*Petit bonhomme à base de pâte briochée qui se mange pour la Saint Nicolas, dans tout le bassin rhénan et représente les enfants de la légende liée à cette fête.



Texte initialement publié sur le blog communautaire :
https://imagesreves.blogspot.fr/2017/06/vous-en-reprendrez-bien-un-peu-page-79.html?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed:+ImagesEtRves+(Images+et+r%C3%AAves)

vendredi 26 mai 2017

L’Ecriture et l’Enfant Intérieur




L'écriture est une plongée dans l'univers des mots et de la narration, mais aussi dans son univers personnel.
Un atelier d'écriture n'a rien d'un lieu thérapeutique, mais écrire, libérer sa capacité à le faire, c'est aussi (directement ou indirectement) travailler avec sa part d'imaginaire et de créativité originelle, renouer  avec une certaine part de liberté intérieure.
Si nous écrivons, si nous peignons, si nous créons, nous sommes sinon des artistes reconnus du moins des créateurs.
 Et si nous le sommes, c’est, entre autres, pour exercer et nourrir en nous, cette part de nous-même, peut-être "sous-alimentée" et pourtant essentielle (au sens de la plus vraie en nous !)



Le thème de notre atelier d’écriture, portait au début de l'année sur l’homme et la nature, l’homme et la rencontre, nous avons traité de l’homme et de la bête, de la métamorphose même. Mais aussi des rencontres avec les symboles et des images archétypiques de l'esprit humain (les figures récurrentes du conte) ....
L’une de nos expéditions littéraires aura tourné autour de l’Image de l’Enfant intérieur

Carl Gustav Jung , L'Âme et la vie

« On ne crée pas le créateur en soi, on le découvre, puis on lui donne la parole. » dit Eric Emmanuel Schmitt dans son tout récent livre « Plus tard, je serai un enfant », « Parfois ajoute-t-il  malheureusement il est contrarié, manque de disparaitre ou de pouvoir mûrir avec soi . »
"L'artiste naît de la collaboration équitable d'un enfant et d'un adulte en une même personne" Eric Emmanuel Schmitt
L’enfance en soi est une image, un miroir : "La fenêtre que l'on ouvre sur le passé se découpe toujours dans le mur du présent" Eric Emmanuel Schmitt
"Je n'ai pas eu la même enfance toute ma vie" Eric Emmanuel Schmitt » dans « Plus tard, je serai un enfant »

Oeuvre de l'artiste Alvaro de Taddéo  intitulée Fête nationale (Suisse) 1er Août
L'ensemble de la galerie est à retrouver sous  http://www.ateliermagique.com/fr/galerieadt/galerie/1-er-august-vulkan.html  

Nos rencontres littéraires sont des temps d’exercices d’écriture, dont le contenu et la pratique peuvent être repris plus tard, en dehors des séances

1er exercice : « Essayez de retrouver un souvenir de votre enfance (le plus vrai  possible), et surtout le plus caractéristique de ce que vous étiez, éventuellement de ce que vous êtes devenus (cherchez du côté de ce qui concerne votre créativité, votre sens artistique, votre goût pour l’écriture aussi , pour le jeu, l’imagination)  . Si vous ne pouvez vous résoudre à  cette limite d’ un seul souvenir , acceptez d’évoquer plusieurs souvenirs, (là aussi cherchez les plus caractéristiques), quitte à les lister ou à écrire de façon abrégée si vous avez peur que cela ne dure trop longtemps de faire le tour de chacun des souvenirs que vous avez choisi.
Deuxième exercice :
Un maître zen demande facilement à ses élèves
« Montre-moi ton Visage Originel, le visage que tu avais avant que tes parents naissent. » Koan zen
Nous avons tous à faire avec ce que nous étions à l’origine et même avec l’image que nos parents se faisaient de l’enfant qu’ils voulaient que nous soyons pour eux.
Prenez le temps de retrouver le contact avec cet enfant à l’intérieur de vous (Cet enfants que vous étiez à l’origine, et que vous êtes encore quelque part en vous.)
Vous avez très tôt commencé à être « faux », pour la bonne raison que la comédie est payante.
Le bébé est déjà un politicien. Il entre en relation avec son entourage et découvre comment obtenir ce qu’il veut : de la compagnie, des soins, de la nourriture, des attentions, des égards. Il comprend vite qu’en déplaisant à ses pourvoyeurs de nourriture et d’affection, il risque de les éloigner. Il cultive donc les mimiques en échange desquelles il bénéficiera d’un maximum de considération.
L’hypocrisie commence, c’est une nécessité de survie que l’on l’appelle l’adaptation. Se cultiver forme, mais aussi déforme : on intègre des normes, on ingère des contraintes, on empile des connaissances
Parfois des moyens bien plus coercitifs (violences, pressions traumatisantes …) peuvent venir rajouter à cette force d’adaptation et réellement créer des distorsions psychiques qui gardent la personne dans des comportements douloureux.

Mais ce que nous avons vécu de notre enfance, même le pire n’est pas irrévocablement figé.
"D'où vient la force qui me permit de ne pas tuer l'enfant, de lui offrir plus tard des moyens perfectionnés pour exprimer sa créativité ?" Eric-Emmanuel Schmitt
Quelle endurance formidable ont les rêves. Ils attendent parfois notre maturité pour se concrétiser. Tant périssent dans les longues allées des cimetières bordant notre existence, que nous devrions les soigner, les considérer et leur octroyer la place d’ambitions essentielles. Eric Emmanuel Schmitt
Cet ovale central représente l’enfant libre que vous avez été avant toute contrainte éducationnelle.





Autour de cet ovale, au bout d’autant de traits qu’il vous en faudra écrivez une qualité de cet enfant que vous avez été, que vous êtes encore( même si vous avez du mal à laisser parfois s’exprimer  cette part de vous-même).


Exercice deux bis :
A partir de cette phrase :
« Il y a 2 sortes d’Autres : les geôliers et les libérateurs » E . -E . Schmitt
Les geôliers vous enferment, vous dévitalisent, vous réduisent à une impuissance semblable à la leur, gangrènent votre vie d’un avant-goût de mort.
Les libérateurs vous rendent à l’univers, à la joie, à la vigueur active, à l’accomplissement….
Je vous invite à méditer le sens profond  du conte d’Andersen que vous trouverez joliment illustré en suivant le lien que voici :
Elément important à prendre en compte : l’enfant intérieur, votre visage inconditionné, celui que vous étiez avant tous vos conditionnements adaptatifs sont « Le vilain petit canard » du conte.
Vous essayerez en suite de réfléchir à tout ce qui a (ou tous ceux qui ont)  pu contribuer à blesser votre développement harmonieux ou distordre votre relation à l’enfant intérieur.
Les geôliers comme les libérateurs peuvent être en vous, comme avoir été à l’extérieur, parmi vos proches, ceux qui se sont chargés de votre développement ….

Vous pouvez présenter la liste que vous en ferez,  sous la forme suivante :
Les geôliers internes ou externes (personnages et circonstances) de mon « enfant créateur intérieur »
Les libérateurs ou les facteurs libérateurs (personnages et circonstances) de mon « enfant intérieur créateur









Ce qui me contraint aujourd’hui, c’est ce que je n’ai pas encore laissé ré émerger de cet enfant intérieur libre et heureux, ce que j’en garde  sous son aspect blessé.
Toute blessure devenue consciente et reprise en charge de façon bienveillante par l’adulte que nous sommes peut évoluer et nous libérer de sa contrainte.
Qu’elle soit liée à nos origines, ou aux évènements de notre enfance.
Le regard que nous avons sur ce passé à simplement besoin d’évoluer pour que le positif puisse y devenir l’élément moteur.
« S’il réussit sa vie, l’adulte devient le fils de l’enfant qu’il fut. Aujourd’hui je suis mon fils. Enfin ! Et maintenant que je suis devenu mon enfant, j’espère l’être pour toujours. » Eric-Emmanuel Schmitt
Il précise encore :
- D’où viens-tu ?  De qui descends-tu ? me demandaient les habitants du quartier, étonnés par mon visage basané de Martiniquais, mes yeux bridés d’Asiatique, mes gros muscles d’athlète caucasien.
- il répondait : Je viens de chez mes parents et je descends du troisième étage !
Telle était ma réponse invariable, un brin insolente, qui dépitait mes interlocuteurs.
Au-delà de l’humour, cette phrase montre que nous sommes nos actes et non pas un passé historique figé et un produit déterminé par l’histoire de nos gênes ou de notre éducation.
Eric-Emmanuel Schmitt précise : "Je n'ai pas eu la même enfance toute ma vie"
L’image que nous avons de notre enfance est très tributaire de la paix que nous avons réussi à réaliser avec l’enfant (en nous ) blessé ou distordu par la vie
Eric-Emmanuel Schmitt, voit l’évolution de notre regard sur nous-même au travers des âges de la vie.
Nous sommes invités à faire de même : 
Exercice trois :
"Je n'ai pas eu la même enfance toute ma vie" E.- E.  Schmitt
Nous possédons plusieurs enfances  au cours d’une vie, lesquelles diffèrent selon l’âge auquel nous les racontons.

A 20 ans, ……….
A 30 ans, ……….
A 40 ans ………..
A  ….
Aujourd’hui….

4ème Exercice :
Essayons de laisser parler cet enfant en soi.
Qu’a-t-il à nous apprendre ?  à nous demander de faire pour lui ?  à réaliser  par le biais de ce côté créateur qui est le nôtre (entre autre dans notre atelier d’écriture)    
Entamez un dialogue entre l’adulte en vous et l’adulte en vous  (ce dialogue doit rester toujours bienveillant dans les deux sens ( pour l’enfant, pour l’adulte) , même si au départ le contact peut être sensiblement difficile, tendu, rancunier ou douloureux pour l’un ou l’autre.    
« On ne crée pas le créateur en soi, on le découvre, puis on lui donne la parole. (…) Pour rester vivant (Pour que l’enfant en nous puisse vivre en intelligence suffisante avec l’adulte en nous), il nous faut apprendre autant que désapprendre» dit Eric Emmanuel Schmitt dans son tout récent livre « Plus tard, je serai un enfant »




Consigne d’écriture finale (à faire pour soi, chez soi)
Vous utiliserez les éléments de trame qui vous sont donnés par vos explorations (au travers des exercices précédents), pour inventer un texte original et personnel.
Pour des raisons que vous déterminerez et dans des circonstance d’espace et de temps ( que vous décrirez de façon précise ) ,  vous (ou votre héros que vous  veillerez à décrire) rencontrez un mystérieux enfant [qui s’avère être vous alors que vous étiez (ou que votre héros était ) jeune].
Un dialogue s’instaure d’abord difficile et tendu peut-être, mais de plus en plus bénéfique dans ses conséquences.
Vous  terminerez votre histoire comme vous le voudrez, en introduisant un paroxysme émotionnel (pas forcément une chute), et s’il y a une chute,  je vous invite à la  faire positive.
Vous pourrez introduire des justifications tirés de l’univers magique (rupture de la trame du réel que vous détaillerez) ,  fantasy ( vous rencontrez un personnage merveilleux qui vous mets en face d’une réalité que vous n’attendiez pas)  ou même de l’ordre de la science-fiction (Machine à voyager dans le temps, engin fruit de la neuroscience et qui vise à guérir, à favoriser le plein développement…. )

Vous veillerez à ce que votre histoire reste dans l’ambiance que vous aurez choisie (Magie, fantasy, science-fiction….) 

Pour trouver une production de texte tel qu'il est né à la suite d'un atelier que j'ai animé sur le thème, vous pouvez suivre le lien que voici :

http://decoeuretdencre.blogspot.fr/2017/05/petit-bonhomme.html
.
Serge De La Torre

samedi 6 mai 2017

"L’enfant et la mort" suivi de l’"Épiphanie de boulangerie"

1 er August. Vulkan Fête Nationale suisse - feu d'artifice: oeuvre d' Alvaro de Taddéo

http://www.ateliermagique.com/fr/galerieadt/galerie/1-er-august-vulkan.html

                       L’enfant et la mort


Libre, il sourd en moi, l’enfant agenouillé
Qui vit ce que je ne saurais plus vivre :
Libre est sa folie, sa joie sereine,
Égaux sont ses bonheurs et puis ses oublis.

Il a fait, d’une pétarade, son buisson ardent.

Ma nuit s’illumine de désinvolture,
De l’éclat de ses exploits fous.
Souvenirs enfouis, souvenirs de couleurs
Qui crient dans les soirs mauves.

Il a fait d’une camarade sa complice de l’instant.

Il réchauffe ses mains froides aux feux de Bengale,
Aux joies d’un carnaval, à la lumière de ses lampions.
Mais c’est au cœur que vibrent ses plus belles lumières,
Il aime le Vie, et tout en lui mérite pardon.

Il adresse, pour moi,  à la camarde, un sourire fort seyant.


Vor  der Bäckerei  Tableau d'Alvaro De Taddéo
http://www.ateliermagique.com/fr/galerieadt/galerie/vor-der-baeckerei.html
                                                               

                                                        Épiphanie de boulangerie

Yeux ébahis, doigt fixé,
Ils  salivent à une crèche de pâte à pain,
Savourent sans morsures des figurines de pain d’épices.
Frère et sœur, dans une semblable gourmandise :
Désirs et rêve sont les levains

De cet instant savouré .