vendredi 28 octobre 2016

L'orage du Basilic

 


Par-delà le bouclier des lueurs
S’avancent d’inquiétantes ténèbres.

Dominateur, ailes défiant le ciel,
Le Basilic chuinte sa colère ;
Seules lui importent
Les superstitions et les peurs qu’il suscite.
Ses ergots, agrippés au blason de la ville,
Le cou ophidien, il tend sa tête faussement épanchée.
Car l’œil perce et brûle,
Quand le bec en croc perce et tue.
Aux corps et membres couverts de plumes,
Echappent enroulée,
Sa lourde queue d’écailles dressées ;
Foudroyant serpent !

Perfide, il scrute le chaland,
« L’orage est sur toi, badaud !
Ne te retourne pas !
Fuis! Si tu le peux encore! »

Le parapet de fer,
De sa dentelle ouvragée,
Sépare le règne de Baal,
De la quiétude vivante,
D’une Bâle assoupie.

La cathédrale, lumineuse sentinelle,
De deux bras suppliants
Protège des ombrages et le toit des logis.
D’elle, disait-on, viendrait la renaissance
Après le triomphe du chaos ;
Après les éclairs, sourde canonnade,
Elle fera une offrande d’or : un matin nouveau.

Serge De La Torre (29/06/2016)
(Poème inspiré par Orage au Vieux Pont Wettstein: Oeuvre de Alvaro de Taddéo )

Tableau à retrouver sur :http://www.ateliermagique.com/fr/galerieadt/galerie/gewitter-alte-wettsteinbruecke.html